Entretien avec Amélie Foulon,
diététicienne-nutritionniste

Un café-mémoire dans les Pyrénées-Atlantiques !

Rencontre avec Amélie Foulon, Diététicienne-nutritionniste, Auriane Thouvenot, stagiaire auprès d’Amélie et Chantal Cazalon, Coordinatrice de l’association France Alzheimer Pyrénées-Atlantiques.

Dans le cadre d’un café-mémoire organisé par France Alzheimer à Saint-Palais le 22 juillet 2021, Silver Fourchette a proposé à la diététicienne Amélie Foulon d’intervenir afin d’aborder les questions de dénutrition chez le sujet âgé, et plus particulièrement dans le cadre de l’accompagnement d’un proche en perte d’autonomie ou atteint de la maladie d’Alzheimer. Voici quelques éléments qui sont ressortis des échanges :

Que pouvez-vous nous dire de la dénutrition ?

"La dénutrition correspond à un déficit protéino-énergétique. Lorsque les apports ne couvrent plus les besoins nutritionnels, les conséquences peuvent être nombreuses : perte de poids, risque de chute, déficit immunitaire, retard de cicatrisation... tout le monde peut être concerné et le risque augmente lorsqu’on avance en âge.

Dans le cas de la maladie d’Alzheimer, la question de la dénutrition correspond au point focal où la perte de repère, le manque de concentration et la perte du goût peuvent agir comme amplification de la maladie. En cas de stade sévère de la maladie, rester à table est également problématique."

Comment réagir et quelles précautions prendre en tant qu'aidant ?

"Tout le monde peut agir face à ce risque et en tant qu’aidant, il faut être vigilant à plusieurs éléments : régulièrement peser la personne accompagnée, vérifier l’état du frigo et son environnement au sens large. En effet, un frigo trop rempli avec des aliments qui arrivent à date de péremption, ou un frigo vide sont des signes d’alertes. Par ailleurs, des situations de changement brutal tel que le veuvage, un déménagement ou une entrée en structure médicalisée peuvent amener une modification des comportements alimentaires.

Concernant la posture à adopter en tant qu’accompagnant, il ne faut pas avoir peur des mots, que ce soit par rapport à la dénutrition ou la maladie d’Alzheimer, mais plutôt savoir comment l’amener. Il est essentiel d’expliquer les mots pour sensibiliser le patient ainsi que l’entourage afin de faire vivre la situation.

En conclusion, « vieillir ne doit pas être synonyme de maigrir » et la perte de capacités n’est jamais naturel lorsqu’on avance en âge, toute altération doit faire l’objet d’une vigilance et mérite d’être explorée."