La dénutrition : maladie silencieuse à l’origine
du projet Silver Fourchette

Au sortir de plusieurs semaines de confinement, une période qui a impacté les habitudes d’une société au niveau mondiale, nous abordons une problématique qui anime le projet Silver Fouchette depuis le 1er jour : les risques de la dénutrition chez les seniors.

La crise sanitaire a eu pour conséquence de renforcer la fragilité des personnes âgées. Les difficultés d’accès aux aliments frais, les situations d’isolement ou encore le manque d’activité physique ont pu compromettre les possibilités de continuer à s’alimenter de manière saine et variée.

Dans un pays comme la France où la gastronomie est au cœur de nos cultures, nous en venons à oublier que c’est une pathologie qui avant la crise sanitaire COVID-19 touchait déjà 2 millions de personnes en France et notamment 400 000 personnes âgées à domicile et 270 000 en établissement. *

Nous souhaitons donc au travers de ce dossier apporter un éclairage sur ce sujet pour permettre à chacun de prendre les mesures d’une prévention active contre les risques de dénutrition qui peuvent intervenir après une période de confinement.

1 / Qu’est-ce que la dénutrition ?

La dénutrition est un « État pathologique dans lequel les besoins nutritionnels de l'organisme ne sont pas couverts. » (Larousse 2018)

Plus concrètement, la dénutrition est le résultat d’un déséquilibre entre les besoins physiologiques et les apports nutritionnels.>

Lorsque nous avançons en âge, nos besoins changent. Le corps se fragilise et il est donc nécessaire d’ajuster ses habitudes alimentaires pour que les apports nutritionnels soient adaptés. Tout comme un enfant en grandissant doit faire évoluer son alimentation, il est recommandé pour la personne âgée d’adapter son alimentation à ses besoins.

Les carences les plus courantes sont en calories, en protéines et en vitamines et minéraux.

Dénutrition ou malnutrition ?
La malnutrition se traduit par un déséquilibre entre les apports en éléments nutritifs et les besoins de l’organisme. Ce déséquilibre peut être le résultat d’insuffisance (dénutrition) mais également d’excès (obésité) d’un ou plusieurs nutriments essentiels, pendant une longue période.

La dénutrition n’est donc pas réservée aux gens maigres ; elle peut concerner, toute personne qui suit des régimes sévères ou qui jeûne s’expose à la dénutrition ; or après 30 ou 40 ans, la récupération est plus lente et difficile, exposant le sujet à de nombreuses complications : infections répétées, syndrome inflammatoire chronique, augmentation des risques de pathologies cardiovasculaires et métaboliques, troubles cognitifs (mémoire, concentration).

2 / Quelles sont ces facteurs de risque de la dénutrition ?

Après 70 ans, c’est l’âge où surviennent les maladies chroniques, mais c’est aussi celui où il est le plus difficile de modifier ses habitudes alimentaires.

Notre manière de manger est impactée par ces modifications physiologiques résultante de l’âge :

  • Baisse de la vue
  • Baisse de l’odorat
  • Modification du goût avec une augmentation de la sensibilité aux sucres
  • Baisse de la sensibilité au sel
  • Augmentation du temps de digestion.

Mais une des situations la plus fréquente est tout simplement le manque de motivation à bien se nourrir. La solitude combinée à une perte d’appétit est une des configurations les plus rencontrés dans les risques de dénutrition.

Ces facteurs s’ajoutent à une résistance à la renutrition : la personne âgée, contrairement à un jeune adulte, ne compense pas ses apports énergétiques suite à une période de jeûne (survenant par exemple à la suite d’une hospitalisation). Il est donc extrêmement important d’anticiper et d’agir en prévention.

COVID-19, les risques aggravés

"La grande difficulté, c’est qu’on n’a pas la capacité scientifique de déterminer la balance bénéfice/risque du confinement. Mais on se rend de plus en plus compte qu’elle n’est pas si favorable"   Pr Guérin.

La crise du COVID est un élément déclencheur de risques pour les personnes déjà fragilisées.

Les raisons sont multiples et peuvent être liée au confinement :

  • Un accès aux soins inégale.
    Entre peur de contracter le virus chez le médecin et téléconsultation pas toujours adaptée, entraîne l’arrivée aux urgences de "gens âgés avec des maladies chroniques plus sévèrement décompensées que d’habitude", comme des insuffisances cardiaques, souligne le Pr Guérin.
  • Un isolement des personnes seules
    720 000 personnes âgées n’ont eu aucun contact avec leur famille pendant le confinement(2). L’aspect psychologique et la préservation des liens familiaux et sociaux influent aussi sur la prévention du déclin cognitif et la "motivation" des personnes âgées à appliquer les conseils d’activité ou d’alimentation.
    Une situation qui est déjà existante mais qui s’est vu amplifier par le confinement.
  • La baisse d’activité physique
    La perte de muscle liée à la baisse de l’activité physique, combiné à une alimentation non adaptée développe les risques de chute. L’enjeu est donc de préserver leur autonomie, en maintenant une activité même à son domicile et garder l’envie de bouger différemment.
  • L’incertitude de la situation,
    Sa durée, les consignes à appliquer, l’annonce des décès etc. sont des situations qui génèrent du stress pour les personnes déjà fragilisées et qui a des conséquences sur l’état physiologique. Les risques au regard de cette problématique peuvent déboucher sur de la dépression, de la déprime, moins envie de manger, perte de l’appétit.

3 / Quelles en sont les conséquences ?

La maladie de la dénutrition diagnostiquée tardivement peut avoir des conséquences fonctionnelles délétères.

Les conséquences les plus communes sont :

  • Fonte de la masse musculaire (sarcopénie)
  • Altération des différentes fonctions physiologiques (musculaire, immunitaire, cicatrisation…
  • Retentissement psychique et relationnel
  • Risque de chute
  • Baisse des défenses immunitaires et l’augmentation des Infections…
  • Difficulté à cicatriser